FURY
de Fritz Lang
1936 - États-Unis - Drame
Version originale sous-titrée en français
Avec Joe Wilson, Spencer Tracy incarne avec un très grand réalisme ce rôle d’Américain moyen qui traverse des situations opposées et accomplit ainsi un parcours symbolique, Mais le personnage s’inscrit surtout dans une double caractérisation d’une violente opposition. A partir du moment où il censé mourir, brûlé dans les flammes d’une injuste punition, le personnage subit une véritable métamorphose au point que l’on a quelque mal à reconnaître en lui l’Américain moyen du début. Il renaît de ses cendres, tel le phénix, mais la noirceur des fumées a atteint son âme, et il n’abdiquera qu’à la fin sa volonté obsessionnelle de vengeance. Mais avant qu’il ne se résigne, quelle cruauté dans ce personnage ! ainsi, quand Katherine, venue le débusquer chez lui, le supplie de revenir à de bons sentiments, il lui jette
Joe Wilson aimerait épouser Katherine, mais ils manquent d’argent, et elle doit aller travailler à Capitol City, une ville de l’Ouest. Un an plus tard, il a réussi à monter avec ses frères une station-service assez prospère. En chemin pour rejoindre Katherine, qu’il n’a pas revue depuis son départ, il est arrêté dans une bourgade par la police : il pourrait être l’auteur du kidnapping d’une jeune fille, car plusieurs indices sont relevés à sa charge. Malgré ses dénégations, il est emprisonné alors que la tension monte dans la petite localité, où la nouvelle s’est répandue que le coupable a été arrêté. Le shérif, qui ne veut rien affirmer de la culpabilité de Joe, ne peut contenir la propagation des calomnies ni l’assaut furieux d’une foule, conduite par de nombreux meneurs, qui réclament le coupable pour le lyncher. Le gouverneur, pour des raisons électorales, n’a finalement pas demandé l’intervention de la garde nationale. La meute hurlante enfonce la porte de la prison et incendie le bâtiment. Joe, affolé, apparaît à la fenêtre de la prison en flammes ; Katherine, qui est accourue, s’évanouit à la vue de son fiancé dans les flammes. Aux grands titres dans les journaux du lendemain succède l’arrestation de ceux qui ont incendié la prison, qui sont accusés d’avoir tué Joe.